Disneyland Paris: succès commercial mais échec financier ?

Le monde merveilleux de Disney: 13 millions de visiteurs par an, un milliard 300 millions d’euros de chiffre d’affaires…
Mais le Mickey français est fauché: 858 millions d’euros de déficit. 
Que se passe-t-il dans son Royaume ?
L’oeil du 20h a enquêté…

Tout avait pourtant si bien commencé. En avril 1992, Eurodisney est inauguré avec de belles promesses de succès. Dans ce document, l’entreprise promettait 890 millions d’euros de profit pour l’année 2016…Mais en fait, Eurodisney n’a presque jamais gagné  d’argent. Ces petits actionnaires n’ont pas touché un centime de dividendes: le chateau de la belle au bois dormant s'est transformé en cauchemar d'après Pierre Alain Leduc.

Pour Eurodisney, une des explications est à chercher dans le ciel…Si l’on en croit les rapports d’activité d’Eurodisney, il ne fait vraiment pas beau à Marne La Vallée….
En 2000 déjà si les résultats sont mauvais, c’est à cause des “conditions climatiques exceptionnelles”.
En 2011, le rapport invoque 3 fois des “conditions météorologiques défavorables” Et deux ans plus tard, il a encore trop plu sur Eurodisney: “avec des conditions météorologiques défavorables”...

Mais il y aurait une autre raison: les liens financiers d’Eurodisney avec les Etats-Unis. Eurodisney est en effet une filiale à 72% de la maison mère américaine, la Walt Disney Company.
A ce titre, elle reverse de l’argent aux Etats-Unis, quelque soit son résultat.
Le Mickey français se ferait donc vider les poches par son grand frère américain.

Et ces royalties, en voilà le détail, quand vous vous rendez au parc: sur les 20 euros de parking, 10% partent directement en Californie.
Pareil pour les deux entrées à 75 euros pièce: 15 euros s’en vont aux Etats-Unis…A midi, on a faim, une salade, une bouteille d’eau, un dessert, et 5% de nos consommations rejoignent la maison mère.
Un petit souvenir ? Encore 5%. En tout, on aura dépensé 222 euros, et envoyé 19 euros et 60 centimes de l’autre côté de l’Atlantique.

Des royalties tellement élevées qu’ils empêcheraient Eurodisney d’être rentable: “on a un cheval de course à qui on a mis des boulets à chaque pied” explique Pierre Alain Leduc.
En tout plus d’un milliard d’euros pris à Eurodisney depuis 1992.

Mais pourquoi dépouiller sa propre filiale ? Tout simplement pour payer moins d’impôt.
En France, Eurodisney n’aurait par exemple jamais payé l’impôt sur les sociétés.
C’est ce que nous explique cet expert français d’Eurodisney, Sébatien Roffat: “pour la Walt Disney Company, la société elle est rentable, et si elle l’est pas c’est aussi bien, elle est en déficit, on payera moins d’impôt en france.
C’est un déficit organisé, comme toutes les grandes sociétés Google, Apple, Facebook qui organisent volontairement un déficit par des montages audacieux”

Cela s’appellerait de l’optimisation fiscale: le montage n’est pas illégal, mais bien pratique…
Du côté d’Eurodisney, une source proche du dossier nous explique que le problème est ailleurs: “Les royalties ne représentent que 2 à 3% du chiffre d’affaire. Sans elles, il n’y aurait pas de parc.
La vraie difficulté, c’est une dette abyssale, contractée suite à l’ouverture en pleine guerre du Golfe qui avait fait chuter le tourisme.”

Vendredi dernier, la maison mère a décidé d’en finir avec 25 ans de déboires. Elle va reprendre la main et racheter toutes les actions…
Une mauvaise affaire de plus pour les petits actionnaires.
Certains ont fait appel à la justice pour enquêter sur les poches vides du Mickey français...

Source : L'oeil du 20 heures

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