L'ambiance du Parc Astérix décriée par des visiteurs et salariés

L’attraction Tonnerre de Zeus a été le théâtre d’une bagarre il y a une semaine au sein du Parc Astérix entre une bande de jeunes et trois opérateurs de l'attraction. Si la direction se veut rassurante, des salariés confirment le climat délétère dénoncé par de nombreux visiteurs sur les réseaux sociaux.

Vendredi dernier, lorsqu'un groupe quitte le manège après deux minutes d'attraction, l'un de ses membres tente de passer outre les agents pour récupérer sa casquette tombée. « L'opérateur a pu lui demander de revenir en fin de journée, une fois l'attraction fermée. C'est le protocole », explique la direction du Parc Astérix.

Mais incapable de patienter, le jeune homme et ses camarades s'emportent. Des coups sont échangés et trois salariés sont blessés. « L'un souffre d'une contusion au crâne, un autre d'une blessure aux côtes », précise Guy Vassel, directeur général adjoint, qui condamne « fermement ce genre de comportement ». Trois individus ont été interpellés par la gendarmerie. Le parc a porté plainte.

Le dernier événement similaire remonte à dix années en arrière, lorsqu'un visiteur de 30 ans avait été roué de coups par dix individus pour avoir refusé de s'être fait dépasser dans la file d'attente.

L'incident de vendredi, filmé, s'est retrouvé sur YouTube. Les images ont été vues plus de 50 000 fois.

Une avalanche de commentaires négatifs sur Internet

Sur les réseaux sociaux, l'événement a déclenché une avalanche de commentaires négatifs à l'égard du parc, et de l'ambiance qui y règne depuis sa réouverture le 15 juin après le déconfinement. « Des groupes insultent les gens, les bousculent, sautent par-dessus les barrières. C'est insupportable », témoigne un visiteur.

Certains clients ont décidé d'annuler leur visitePour expliquer la situation, il faudrait se pencher sur les offres faites par le parc. A sa réouverture, comme toujours, il était proposé aux 15-25 ans des entrées à 30 euros. «Ça a ramené plein de bandes de jeunes. Et cette année, c'était vraiment le bazar, raconte Bastien (le prénom a été changé), opérateur depuis cinq saisons. Le Parc Astérix est devenu le nouveau Châtelet.»

« Les journées étaient épuisantes, je ne conseille pas aux familles de venir pendant cette période de promotion », se désole un agent de sécurité. « Nous sommes appelés tous les jours à intervenir auprès de groupes de jeunes. Résultat, les familles sont mécontentes », ajoute l'un de ses collègues.

Conséquence, certains clients ont décidé d'annuler leur visite chez Astérix. « Nous ne viendrons pas tant que la fréquentation n'aura pas changé », écrit l'un d'eux sur Facebook.

La direction tient toutefois à ne pas stigmatiser ses visiteurs ayant profité de l'offre pour venir, à savoir pour plusieurs jeunes issus des quartiers défavorisés des communes alentour. «Cette offre peut expliquer ce constat mais ce sont surtout des personnes qui ont envie de sortir après deux mois de confinement.»

Côté règles sanitaires, «il faut constamment faire la police»

Pas de quoi, donc, inciter le parc à ne pas renouveler son offre promotionnelle l'an prochain. « Il y a un règlement intérieur à respecter, s'il faut expulser des personnes au comportement inapproprié, nous le faisons.» « Chaque jour, la sécurité met une dizaine de jeunes dehors », raconte encore Bastien. « Les familles peuvent venir en toute confiance », insiste la direction. Pour leur santé, aussi ?

Beaucoup d'internautes regrettent le non-respect des règles sanitaires par les visiteurs. Sur place, en effet, si le masque est porté par beaucoup dans les allées, c'est moins le cas dans les files d'attente. Sans parler de la distanciation sociale impossible à tenir. « Il faut constamment faire la police », s'agace une opératrice.

Et encore, le public n'a pas fait son retour en masse sur le site. A la réouverture, un plafond de 10 000 réservations journalières avait été instauré mais il n'est plus d'actualité. « Pour autant, nous n'avons toujours pas dépassé la barre des 12 000 visiteurs alors que nous pouvons en accueillir jusqu'à 30 000 par jour », regrette Guy Vassel. Pas sûr que la mauvaise publicité de cette altercation inverse la tendance, alors que la situation semble revenir à la normale, la promotion ayant expiré le 9 juillet.

Source : leparisien.fr